Le sens du travail pendant cette crise sanitaire

La crise met le sens du travail sur le devant de la scène

Rien n’est plus étrange que ce qui nous arrive en ce moment. Nous n’avons pas de références, tout est de l’ordre de l’inconnu. Et ne pas savoir où on va pour un chef d’entreprise, ce n’est pas habituel dans son rôle de leader. Comment le chef d’entreprise mais aussi les salariés vivent -ils cette période ? Lors de cette période de confinement, chacun passe par plusieurs phases psychologiques

La 1ere phase est la phase la plus émotionnelle. Les salariés comme les chefs d’entreprises ont dû s’organiser pour eux, leurs proches et leur travail. Ce fût une phase d’adaptation à ce nouveau mode de vie, teintée de panique, et le plus souvent, en mode réactif, avec des compulsions d’achat par exemple, comme nous avons pu voir.
La 2ème phase dite de sécurité arrive, celle où les 1eres peurs sont passées. Il a fallu trouver les outils pour garder le lien entre les collaborateurs pour les entreprises, pour chacun occuper ce nouveau temps libre, le mettre à profit pour faire de nombreuses activités laissées de côté « pour plus tard » ou tout simplement passer du temps de nouveau avec les siens et les redécouvrir.
Puis vient la 3ème phase dite d’appartenance. Il s’agit de s’approprier cette nouvelle vie. C’est le moment où un rythme se met en place avec des nouvelle habitudes, un espace vie privée /pro est maintenant défini. Les entreprises mettent en place des plannings de travail, planifient les réunions, des projets. L’Homme a ainsi besoin d’avoir un cadre pour être rassuré.
La 4ème phase prend place alors, il s’agit de la phase de l’importance. Beaucoup de changements imposés en très peu de temps, l’Homme n’est pas habitué et divers comportements émergent face à la situation, des peurs, des angoisses, et les croyances de chacun. Toutes ces émotions doivent être acceptées y compris pour le chef d’entreprise, qui est un homme ou une femme comme les autres.   Des parenthèses peuvent être aménagées pour partager ces émotions en échangeant avec des pairs, dans les réseaux (réseaux chefs entreprises, réseaux de DRH …) ou avec un tiers comme un coach. Un tiers n’aura pas de lien affectif à la différence de son conjoint, famille, qui gardera la neutralité et l’objectivité pour un accompagnement optimal.
Il y a forcément un retour à l’essentiel, une prise de conscience. C’est peut- être le moment de travailler pour les entreprises sur le « après la crise sanitaire » car personne ne sera plus comme avant la crise. Les lignes auront bougé.
Certaines professions auront trouvé du sens à leur mission au sein de notre société comme les soignants, les caissiers, les livreurs …
D’autres auront retrouvé une reconnaissance un peu perdue depuis quelques années comme les agriculteurs qui nourrissent la population.
Puis certaines entreprises auront voulu participer à l’effort national et donner du sens à leur présence en changeant leur production avec la fabrication de masques glissières plastiques, des gels hydroalcooliques …

Et, toi, l’entreprise qui a fermé, jugée comme activité non essentielle à la société, quel est ton rôle, le sens de ton travail ?

La crise va s’estomper et la 5ème phase arrivera, ce sera la phase d’auto- actualisation. 
Chacun va vouloir reprendre sa vie d’avant, va avoir besoin de se projeter. Pour autant, chacun aura vécu cette crise différemment avec des empruntes émotionnelles inégales (personne touchée par le décès d’un proche, hospitalisation, malade, peur pour les siens, angoisse …). Certaines personnes se seront révélées pendant cette crise, d’autres auront pris conscience d’une envie d’ailleurs, de vouloir exercer une autre activité ou d’autres encore auront la confirmation d’être à la bonne place.  Dans cette période d’incertitude, il y en a qu’une : Il y aura bien un avant et un après cette crise.


                                                                            Source : L’optimisme ” Les 5 étapes du coronavirus”/Interview CJD France